SOMMAIRE
Se libérer d'une dépendance
- itinéraire vers l'autonomie
Tony Beerden
L'approche spirituelle des maladies
de la dépendance
Dr. Rémo Bernasconi
Petites et grandes dépendances
Dr. Alexis Burger
L'ultime dépendance - Vide du
moi et félicite du Je
Dr. Jean-Marc Mantel
L'équilibre des quatre corps,
clé de l'autonomie individuelle
Dr. Tal Schaller et Johanne Razanamahay
La libération des fixations
: de-fixation
Lama Denys Teundroup
SPIRAMED - Association Internationale de Psychiatrie Spirituelle
31, rue des Meuniers, 92150 Suresnes, France
Téléphone 01.45.06.12.27, télécopie 01.46.97.00.67
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D'abord, nous allons examiner avec précision comment cette dépendance fonctionne si bien et se tient facilement en place.
Ce recueil d'information nous permettra de définir les caractéristiques de cette dépendance chez la personne concernée et de trouver le ou les croyances qui donnent l'énergie de maintien.
Après la découverte et pour préparer l'acceptation par la personne qu'elle est dépendante, nous allons intervenir et entrer dans la dynamique de la capitulation.
Dans l'école de la vie, toute personne peut progresser dans son processus de santé et de bien-être pour devenir celui qu'elle est vraiment.
Le processus global nous informe sur les points importants : première rencontre significative, plusieurs étapes de différente qualité de relation avec le produit, pour en arriver à la situation d'aujourd'hui avec le passage entre une relation zéro, attachement, dépendance psychologique, dépendance physique et DEPENDANCE.
Chaque étape sur la courbe nous donne des informations importantes que nous classerons dans les différents niveaux logiques, à savoir : environnement, comportement, compétences ou stratégies mentales, les valeurs/les croyances et l'identité.
Par exemple : pour chaque cigarette fumée durant la journée, nous avons toutes les clés de changement ; les contextes précis (où ?/ quand ?), le comportement exact avec le rituel et les gestes, la séquence des étapes mentales, la valeur ou l'intention positive et/ou la croyance qui maintient le système et une information sur l'identité.
Nous avons maintenant une idée précise sur comment ce processus tient bien en place et nous avons de quoi faire des propositions.
Je veux pas donner une définition : je propose juste un cadre dans le quel je peux réfléchir sur "ma santé".
Je fais la distinction entre une santé physique, mentale, "émotionnelle, affective, sentimentales, relationnelle et professionnelle. Et sans doute, je pourrais trouver encore d'autres domaines. J'utilise aussi la double notion santé/bien-être (les critères) pour avoir plus de moyens, pour trouver chez l'autre des points communs.
Le premier point à gagner c'est l'intérêt de l'autre et sa motivation pour s'incliner, s'arrêter devant ce phénomène santé qui lui appartient et dont il prend acte et peut-être conscience.
Dans le processus de santé, nos pouvons distinguer plusieurs étapes :
L 'auteur définit l'alcoolisme, la dépendance aux drogues et aux médicaments psychotropes ainsi que la boulimie, comme maladies de la dépendance. Il les distingue des autres addictions et les considère comme étant du ressort médical.
Apres avoir évoqué le vécu de sa propre dépendance, l'auteur insiste sur l'importance du facteur spirituel dans le traitement de ces maladies. Il estime qu'à la base de toute addiction, il y a un désir de transcendance vers le divin. Comme l'avait déjà énoncé C.G. Jung : "Spiritus contra spiritum" (le spirituel vs les spiritueux), le rétablissement de la dépendance doit passer par une approche spirituelle.
Par la suite, l'auteur développe une vision cognitivo-comportementale d'une thérapie spirituelle, basée sur la prise de conscience et la mise en œuvre de démarches pratiques. Il commente une liste de dix recommandations thérapeutiques inspirées de 1'enseignement des groupes d'entraide (notamment les Alcooliques Anonymes) et issues de sa propre expérience. Ce sont les suivantes :
Bien qu'envahissant les médias, l'intérêt suscité par le thème de la "dépendance" semble dominé par deux sujets dramatiques: les drogues et les sectes. L'abus de drogue et les dérives sectaires sont certainement de bons représentants des "pathologies de la dépendance". Il y en a d'autres, toutefois, moins dramatiques peut-être, mais plus répandues. Nous est-il possible de reconnaître ces phénomènes avec toute l'attention qu'ils méritent, de les prendre en considération, de les étudier, sans pour autant nous laisser paralyser par l'effroi qu'ils soulèvent ?
Car au delà de ces "pathologies", la notion même de "dépendance" nous interroge, et ceci particulièrement lorsque l'on s'intéresse à l'articulation entre psychothérapie et méditation.
Ce questionnement va faire apparaître la "dépendance" dans ce qu'elle a de plus ordinaire, de quotidien, d'intime... En quoi elle nous colle à la peau, de la naissance à la mort. Cette vision "existentielle" nous oblige à dépasser la définition de la dépendance comme une maladie à soigner ou comme un obstacle à méditer...
Une dépendance se définit comme une relation entre deux objets ou entre un sujet et un objet.
Elle est le reflet d'un besoin réciproque ou d'une complémentarité.
L'attachement est le lien qui relie ces deux objets.
Lorsque l'on parle d'attachement entre deux personnes, il y a en général une complémentarité entre les forces en jeu : un dominant et un dominé.
Deux dominants ou deux dominés n'établissent pas les mêmes liens symbiotiques qu'un dominant et un dominé.
Dominant et dominé sont l'expression du modèle parental père ou mère enfant, ou du modèle théologique Dieu et sa créature.
Tel un arbre alourdi par ses fruits, le dominant a besoin d'offrir et d'exprimer.
Tel un enfant couvé par sa mère, le dominé recherche une chaleur intérieure nécessaire à son éclosion.
La rencontre de ces besoins complémentaires crée la dépendance.
Ces besoins de domination ou de soumission sont le reflet d'un moi qui cherche sa pleine expression.
La question de la nature du Je vient naturellement compléter l'exploration de la dépendance.
L'image de soi est le reflet d'informations stockées dans la mémoire.
La réaction face à une situation subit souvent l'interférence de ce filtre mental.
Un attachement se crée par rapport à cette image mentale qui est investie en tant qu'identité.
La remise en cause de cette pseudo-identité est douloureuse. Elle est à la source du traumatisme.
La poursuite de l'investigation vers la source du Je intériorise le regard au point où le regard se résorbe dans un espace non limité, incapable de définir une identité conceptuelle.
La dissolution de la croyance en un moi limité s'accompagne d'une impression d'expansion et de vertige liée à la perte des repères habituels.
La félicité du Je se vit dans l'absence du moi.
Cette absence est une liberté dans la mesure où elle révèle une présence non liée aux circonstances.
L'établissement conscient dans cette présence intemporelle est le fruit de la maturation.
La dépendance se résorbe dans sa source.
Le chercheur est uni à ce qu'il cherche.
La tranquillité est une assise dans l'absolu.
L'amour est sans objet.
L 'être humain est constitué de quatre corps : le corps physique, le corps émotionnel, le corps mental, et enfin le corps spirituel (appelé aussi âme ou moi supérieur ou être de lumière). Ainsi le définissent tous les enseignements de sagesse, à toutes les époques de l'histoire et sur les cinq continents.
Au temps de la Grèce antique, les bâtiments consacrés à la guérison étaient ainsi conçus :
En général, ces symptômes disparaissent et l'on se croit guéri, mais les déchets non évacués s'accumulent et donnent naissance aux maladies chroniques, par lesquelles le corps tente de se dépolluer.
De plus en plus de médecins s'intéressent à la médecine holistique et pensent qu'il est plus important de renforcer la résistance générale de l'individu et d'utiliser des moyens naturels de prévention plutôt que de prendre !e risque d'effets secondaires dus à l'usage excessif de produits chimiques. Ils s'attachent à montrer à l'individu comment vivre de façon à ne pas détruire lui-même son immunité par un mode de vie déséquilibré.
Notre système éducatif et social enseigne a ne pas exprimer les émotions. Que l'on ressente de la colère, de la frustration, de l'angoisse, de la peur, de la tristesse, de la joie, de l'affection, des désirs, de l'amour, quelle que soit la nature de l'émotion, nous apprenons à garder en nous toutes nos expressions émotionnelles. Ce refoulement conduit inévitablement à un état de stress permanent qui mine peu à peu notre système immunitaire et nous conduit vers le mal-être et la maladie. Ne sachant pas comment extérioriser leurs émotions sans basculer dans la violence, nombre de gens utilisent les médicaments, les drogues illégales, le tabac, l'alcool, les aliments industriels ou l'excès de travail pour s'abrutir, anesthésier leur sensibilité émotionnelle. Une florissante industrie du bien-être artificiel incite le consommateur à acheter un produit pour se sentir bien, le persuadant qu'il ne peut pas par lui-même, gérer ses énergies émotionnelles. Pourtant, il existe des techniques simples, naturelles et gratuites pour se libérer de ses émotions. Elles évitent des explosions ravageuses sur notre entourage, et nous préservent des maladies qui frappent ceux qui se contiennent trop longtemps. Elles nous donnent les moyens de nous délivrer des toxicomanies qui nous emprisonnent et nous empoisonnent.
La mort du corps physique ne détruit pas les autres corps. La vie continue au-delà du plan matériel, dans les mondes subtils. La peur de la mort, qui mine la joie de vivre et la santé de tant de gens, surtout dans les pays occidentaux, est née de l'oubli de cette nature multidimensionnelle de l'être humain. En ne croyant plus qu'à la réalité matérielle de nombreux civilisés se sont condamnés à vivre dans la peur. privés de leur guidance spirituelle et du soutien de leurs alliés invisibles, guides spirituels, parents ou amis déjà partis dans l'au-delà, ange gardien, etc.
Ainsi, lorsqu'un trouble survient dans le corps matériel, il vaut la peine de s'interroger sur les causes physiques (alimentation, exercice et repos), émotionnelles (émotions qui n'ont pas été éliminées) mentales (pensées négatives ou obsessionnelles) ou manque de contact avec son corps spirituel. Ce dernier point est important car chaque être humain a besoin de prendre du temps pour être à l'écoute de sa voix intérieure, cette "petite voix" qui le relie à son Moi Supérieur.
Se libérer des conditionnements sociaux et économiques qui nous poussent à adopter un comportement stéréotypé et dépendant de l'opinion d'autrui est essentiel. Il faut nous acheminer de plus en plus vers une réelle indépendance. Celle-ci consiste à rester branché en permanence sur notre guidance spirituelle et à sentir à tout instant ce que nous avons besoin de vivre. Une personne qui a le courage d'écouter sa voix intérieure entre dans une dynamique de vie où elle n'est plus le jouet des conditionnements et de tous les malheurs qui on découlent mais devient véritablement autonome. La vraie liberté s'acquiert à l'écoute de cette guidance profonde et spirituelle dont chacun dispose à tout instant.
Dans le futur, il n'y aura plus de normes édictées par quelques-uns pour le plus grand nombre. Chaque individu étant différent, ce qui correspond à l'un ne rejoint pas forcément les préférences de l'autre. Il convient à certaines personnes d'explorer les conditions d'existence d'un moine ascète, alors que pour d'autres ce style de vie constitue un véritable enfer ! Nous ne pourrons plus codifier à l'avenir. Nous pourrons simplement constater que tout ce qui touche à la répression est malsain et nous suivrons le "chemin du milieu", l'Harmonie, consiste à être connecté intérieurement et à respecter à la fois la volonté du Soi et les territoires de l'autre.
Il faut également prendre conscience que nous sommes de tous les âges ; nous sommes à la fois des enfants, des adolescents et des vieillards. Et nous avons tous les animaux en nous, tous les végétaux et tous les minéraux. Réaliser que nous ne sommes pas séparés, que nous sommes en unité avec toutes les formes de Vie constitue la prise de conscience la plus fondamentale. Grâce à elle, nous sortons des conflits, car de la même façon que nous ne faisons pas la guerre à notre main ou à notre pied, nous arrivons à nous sentir en harmonie avec tout ce qui vit. Dès le moment où les gens se réconcilient, en eux, avec la planète toute entière, ils ne font plus la guerre au sexe opposé, ils ne détruisent plus l'environnement et respectent toutes les formes de vie. Ils apprennent à vivre dans le présent. Dans le domaine des relations affectives, par exemple, jouir de l'instant présent avec l'être aimé peut surpasser la crainte de le voir partir un jour avec quelqu'un d'autre ! Seule l'intensité de la rencontre ou du partage compte, seule la gratitude envers chaque occasion de bonheur à deux peut nous occuper l'esprit. Imaginez que l'on soit éduqué sur un plan planétaire à vivre son présent, à être ouvert à chaque rencontre, sans juger personne et sans tout de suite sortir ses peurs ou ses préjugés!
Nous vivons dans une période où nous avons largement examiné tous les problèmes et où nous pouvons appliquer les solutions. Elles sont souvent très simples et très efficaces. Par exemple, apprendre aux enfants, lorsqu'ils sont en colère, à taper sur un coussin plutôt que de se venger sur quelqu'un d'autre, permettra de mettre fin à la violence et à la délinquance. Cela à l'air simpliste à première vue, mais il existe des sociétés sur notre planète où les gens vivent sans conflits et sans maladies. Nous pourrions dire que les guerres intérieures qui débouchent sur les maladies et les guerres extérieures qui en découlent ne sont que le reflet d'une mauvaise gestion de nos émotions et de nos pensées.
Notre expérience d'enseignants et de thérapeutes est que si l'on donne aux gens des instruments, des moyens et des techniques qui leur permettent de se prendre en charge, ils deviennent responsables, ils gèrent leur bien-être, ils comprennent que, plutôt que d'essayer sans cesse de changer les autres, c'est soi-même qu'il faut apprendre à transformer pour aller vers toujours plus de santé et de joie de vivre.
Dans cette optique, patient et thérapeute ne sont plus considérés comme opposés. Ils forment une "équipe de recherche" et explorent ensemble le chemin de l'autonomie matérielle, émotionnelle, mentale et spirituelle. En échangeant leurs expériences, ils progressent ensemble vers l'harmonie des quatre corps, qui est magnifiquement symbolisée par l'image d'un cheval au galop. dont les quatre pattes agissent de concert. Si ce noble animal voulait galoper avec une ou deux pattes seulement, il ne pourrait que s'effondrer. De même, nous ne pouvons acquérir la santé et l'autonomie qu'en nous intéressant à nos quatre corps, ouvrant la porte à une collaboration dynamique et enrichissante entre thérapeutes et patients.
Le cœur de l'enseignement du Bouddha expose que l'esprit est dépendant de l'ego et que la libération est celle de cette dépendance.
Qu'est-ce que l'esprit, qu'est-ce que l'ego ?
L'ego peut être compris comme fixation ou dépendance, fixation étant entendu comme un processus mental de saisie, d'appréhension.
Quelle est la perspective de base pour entrer dans l'intelligence ?
Voir la fixation qu'est l'ego ; le sentiment du moi, comme processus émergeant résultant de l'appropriation.
De ces visions à développer, il résulte que, au sens littéral, "je suis une fixation", "je subsiste dans ses fixations". Je est une dépendance : celle que l'observateur entretient par rapport à ce qu'il perçoit comme objet autre observé.
De cette dualité se solidifient toutes sortes de dépendances secondaires qui sont autant de polarisations passionnelles. La dépendance se manifeste sous forme d'attachement ou de possessions... et nous sommes dans l'état habituel possédé.
La voie spirituelle, dans la perspective du Dharma, est un cheminement de libération, c'est-à-dire de dépossession ou de réalisation du non-attachement : la libération des fixations. La pratique de la méditation est fondamentalement celle de la libération des fixations dans l'apprentissage de l'ouverture et de la libération des blocages qui structurent les différentes fixations.
Il est donc important de considérer les différents types de fixations ou de dépendance, par rapport à des personnes, à des possessions, à des idées et, fondamentalement, par rapport à soi-même.